Épisode 1 : Copilot CLI est installé, vous connaissez les trois régimes de conduite. Aujourd’hui, on s’installe dans le quotidien — et c’est là que l’outil brille : des sessions qui reprennent où elles s’étaient arrêtées, un contexte qui se gère tout seul, une mémoire qui apprend vos conventions, et un garage de modèles qui se change en une commande.

Épisode le plus dense de la série — accrochez-vous, mais vous allez voir : c’est pas sorcier.

Les sessions : fermez le terminal, pas la conversation

Une session Copilot CLI survit à tout : fermez le terminal, revenez demain, copilot --resume vous liste vos conversations (locales et distantes — on verra les distantes à l’épisode 4) et vous reprenez le fil exact — contexte, historique, répertoire de travail compris. Le réflexe /clear, lui, remet les compteurs à zéro quand vous changez de sujet.

Le contexte : la théorie des tokens, appliquée

Souvenez-vous de l’article sur les tokens : tout ce qui est dans le contexte se paie à chaque tour, et un contexte obèse dégrade les réponses. Copilot CLI est l’outil qui rend tout ça visible et actionnable :

  • /context : la jauge en direct — qui consomme quoi, fichier par fichier, outil par outil. La facture détaillée de l’article tokens, en couleurs dans votre terminal.
  • L’auto-compaction : à l’approche de 95 % de la fenêtre, l’historique est résumé automatiquement en arrière-plan — la conversation continue sans le mur du « contexte plein ».
  • /compact : la même chose, à la demande — avant d’attaquer un gros morceau, faites de la place.

La mémoire : le collègue qui apprend

La fonctionnalité qui change le rapport à l’outil : Copilot CLI retient d’une session à l’autre. Deux étages :

  • Repository memory : les conventions, patterns et préférences qu’il découvre dans votre codebase (« les tests utilisent xUnit et le triple A », « les endpoints passent par Carter ») sont mémorisés et réutilisés.
  • Cross-session memory : il peut retrouver ce que vous avez fait dans des sessions passées — « sur quoi travaillait-on la semaine dernière ? » a désormais une réponse.

Vous vous souvenez du duo du billet vibe engineeringle prompt exprime, le dépôt mémorise ? Voici le troisième étage : l’outil apprend. Les instructions restent la source de vérité explicite ; la mémoire complète avec l’implicite.

Le garage de modèles : /model

Le CLI donne accès à toute l’écurie : Claude (Opus, Sonnet, Haiku), GPT-5.x et variantes Codex, Gemini, et d’autres qui arrivent au fil des semaines — la liste exacte bouge chaque mois. L’essentiel tient en trois réflexes :

  • /model change de modèle en pleine session — cadrez avec un modèle rapide, implémentez avec un costaud, exactement la logique de l’article « quel modèle choisir ».
  • L’effort de raisonnement se règle (jusqu’au niveau max sur tous les plans) — et Ctrl+T affiche ou masque le raisonnement en direct.
  • Les modèles inclus (GPT-5 mini, GPT-4.1) ne consomment pas de premium requests : parfaits pour le tout-venant ; gardez les gros calibres pour ce qui les mérite. Et pour l’indépendance totale, le mode BYOK fonctionne toujours — jusqu’au modèle 100 % local.

Astuce d’équipe : dans un dépôt de confiance, .github/copilot/settings.json peut épingler modèle, effort et niveau de contexte — les fondations du projet incluent désormais son moteur.

Le confort qui fait rester

Les petites choses qui font la différence au bout d’une semaine :

  • /diff : les changements de la session, coloration syntaxique fine, recherche intégrée, navigation vim (g, G, Ctrl+D), touche w pour masquer les changements d’espaces.
  • /review : une revue de vos modifications avant le commit — le réflexe code review, sans quitter le terminal.
  • /refine : réécrit votre prompt brouillon en prompt soigné — l’outil qui vous apprend à mieux lui parler.
  • /settings : toute la configuration dans un dialogue interactif ; thèmes (dont variantes accessibilité) via /theme.

Les garde-fous : sandbox et périmètre réseau

L’épisode 1 promettait des garde-fous pour l’autopilot — les voici, et ils rappelleront l’article sécurité :

  • La sandbox : --sandbox isole les commandes shell au niveau de l’OS. L’agent travaille dans un enclos ; en sortir demande une approbation explicite. Toggle à chaud, y compris en pleine tâche.
  • Le périmètre réseau : allowed_urls / denied_urls dans la configuration contrôlent ce que l’agent peut consulter — et les règles s’appliquent aussi à ses curl et wget. Le moindre privilège, appliqué au web.
  • Les permissions d’outils persistent par dépôt : ce que vous autorisez dans un projet de confiance ne vaut pas ailleurs.

Autopilot + sandbox + périmètre réseau : c’est le trio qui permet de lâcher la bride sans lâcher le contrôle.

En résumé

Besoin La commande
reprendre le travail d’hier copilot --resume
voir qui mange le contexte /context (et /compact pour faire le ménage)
changer de moteur en route /model (+ effort de raisonnement, Ctrl+T)
relire avant de commiter /diff, /review
mieux formuler /refine
lâcher la bride en sécurité autopilot + --sandbox + allowed_urls
  • Les sessions survivent au terminal ; la mémoire survit aux sessions.
  • La gestion de contexte de l’article tokens est ici visible (/context) et automatique (compaction à 95 %).
  • Le bon modèle pour la bonne tâche, en pleine session — et épinglable par dépôt.

Rendez-vous demain pour l’épisode 3 : les agents intégrés, vos propres agents, les skills, les plugins et MCP — le moment où le terminal devient une équipe. D’ici là… c’est pas sorcier.